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Non ne grandit pas. Ne grandit pas trop vite. Ne grandit pas maintenant.
Mes yeux me lâchent tous les soirs quand je passe des heures à te chanter des berceuses, mais j’appréhende le jour où tu fermeras la porte de ta chambre et où tu me diras: “Non maman, ne rentre pas.”
Mon coeur me lâche le matin quand tu te colles à moi et tu me fait plein de bisous avant de courir à la crèche mais j’appréhende le jour où tu auras honte de mes câlins devant tes copains.
Mon dos me lâche en courant derrière toi avec la cuillère à la main pour finir ton repas mais j’appréhende le jour où tu ne voudras plus manger à ma table.
Mes mains me lâchent tous les jours en te portant sans cesse mais j’appréhende le jour où tu voudras marcher tout seul, comme un grand.
Ma patience me lâche devant la baignoire à laver les canards et chanter aux poissons mais j’appréhende le jour où tu ne voudras plus de moi dans ta salle de bain pour te retrouver en intimité avec ton corps.
Mes pieds me lâchent pour suivre le rythme de ta trottinette mais j’appréhende le jour où tu seras au volant et où je serai toute seule sur mon canapé à combattre mon insomnie.
Mon énergie me lâche les nuits blanches à soigner ta douleur mais j’appréhende les jours où je ne pourrai plus soigner tes chagrins avec du doliprane.
Mon corps me lâche et se plie en 4 à 3h du matin quand tu faufiles entre nous deux mais j’appréhende le jour où d’autres femmes partageront ton lit.
Non ne grandit pas. Ne grandit pas trop vite. Ne grandit pas maintenant.
Ces moments de pur bonheur je voudrai les graver pour qu’ils ne s’arrêtent jamais.
Merci d’avoir fait de moi une maman, merci d’avoir changé mes priorités et de m’avoir aidé à relativiser le quotidien. Cette fête n’est pas éphémère, c’est un miracle à célébrer tous les jours !

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