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Ce fameux mois de décembre marqué par les sourires des enfants, éblouis devant les pères noël qui sillonnent les rues, extasiés devant les sapins, les boules, la magie des fêtes et le camaïeu de couleurs…

Ce fameux mois de décembre où l’horloge tourne sans arrêt pour pointer les échéances, la fin de l’année, le départ, le retour au pays, les vacances en famille.

Ce fameux mois de décembre qui commence déjà début novembre et qui nous préoccupe, nous les émigrés, prêts à abandonner les villes froides pour retrouver la chaleur d’une capitale bien aimée.

Nos parents commencent le « count-down » des mois à l’avance et on alimente leur attente avec un agenda bien chargé des jours que nous passerons à leur côté.

La tea-time se greffe entre deux repas,  la visite de la tante entre une virée shopping et un café, la soirée retrouvaille avec les amis, les repas de famille, les brunchs, drunchs avec le lexique du dialecte mondain… Tout le décor libanais se dessine en amont et on se voit déjà au pays.

« A quelle heure tu atterris ? Tu as envie de kebbé bil sayniyé ? Tabouleh ? Moughrabieh ? Mloukhiyeh ? »

J’ai envie de sentir l’odeur de ta « marmite » maman, de tes recettes secrètes que je n’arrive jamais à appliquer à la lettre…

Tu sais sur « viber » quand tu me dis « rachit bhar », « rachit 2erfé » et tu poursuis avec « kamchit riz »… on n’a pas la même balance maman, car je les rate toujours tes recettes, elles sont faites pour toi et par toi !

« Tu veux passer la soirée à la maison ou on fait un resto ? »

L’odeur des tapis de la maison me manque maman… Quand j’ai fait ma valise au mois de septembre, il faisait encore 30 degrés à Beyrouth mais entre temps tu t’es préparée pour l’hiver, tu as sorti toute la garde robe de cette saison pour orner notre « chez nous ».

Tu as refait ma chambre, mon lit, mon placard… Cette chambre où j’ai toujours la collection de peluches, CDs et livres de mes 10 ans ; tu les gardes précieusement pour te rappeler de mon enfance et de toutes ces belles années où tu pouvais encore me dire “non, tu ne peux pas sortir” “ne fais pas ci, ne fais pas ça”, et “à table ya benti !”

« Tu vas voir, j’ai fait la crèche mais elle est petite par rapport aux années précédentes. »

Mais bien sûre maman, elle fait la taille de mon appartement parisien mais elle est petite, elle est même minuscule je dirai… Cette fameuse crèche que tu as mis des heures à monter et qui occupe un espace considérable, tu as changé la déco de la maison pour la caser, j’ai hâte de la voir !

« Bon, je te préviens, ya des bouchons partout, des embouteillages, tu vois un peu comment c’est, ya3né tu mets 4h de Dbayeh à Ashrafieh. »

Du classique, ce n’est pas grave mami, c’est aussi ça noël, l’embouteillage, les rues bloquées, les parkings blindés… Mais c’est avant tout Beyrouth habillée en robe de fête, toute gracieuse et scintillante… C’est les retrouvailles, la chaleur humaine qui envahit la capitale, le cocon familial et tous les moments précieux qui vont suivre l’atterrissage…

Oublie les embouteillages, la foule et la folie de cette ville… Mets ta « rakwé », fait mijoter ta « presto » et prépare ton fameux « hommos » fait maison, j’arrive au bled maman !

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